Où l’on parle du Tibet

Quelques extraits de l’ouvrage d’Alexandra David-Neel  « Voyage d’une Parisienne à Lhassa »

 

En 1927, viagra buy Alexandra David-Neel publiait cet ouvrage qui fit sensation puisqu’elle fut la première femme européenne à découvrir Lhassa, clinic en 1924, buy déguisée en mendiante tibétaine. Ses éminentes connaissances en matière de culture tibétaine en font, de nos jours encore, une référence incontournable. Quelques extraits de cet ouvrage, forcément hors des polémiques actuelles, portent un éclairage distancié quant aux débats en cours en Occident qui gomment, généralement, la question de la période de l’aliénation de la Chine aux étrangers.

 

Ainsi s’indigne-t-elle de la mise du Tibet sous tutelle britannique : « Arrêtez-vous ici ! N’avancez pas plus loin !… »  Tel était l’ordre étrange qu’une poignée de politiciens occidentaux, se substituant au gouvernement de la Chine, se permettaient d’intimer, aujourd’hui, aux explorateurs, aux savants, aux missionnaires, aux orientalistes du monde entier, à tous, sauf à leurs agents qui parcouraient librement le pays toujours dénommé « interdit. » Quel droit avaient-ils d’ériger des barrières autour d’une contrée qui, légalement, ne leur appartenait même pas ? De nombreux voyageurs partis pour Lhassa et contraints de rebrousser chemin s’étaient résignés, acceptant leur échec, moi, je relevais le gant…

« On ne passe pas ! » Vraiment ? Une femme passerait. (p. 28 – 29 ; Editions Presses Pocket 1982).

 

Au passage du col de Tong La elle note: … « alors que cette partie du Tibet n’avait encore point été soustraite à la suzeraineté de la Chine »… (p. 86).

 

A propos de la disparition de l’argent[1] et de l’existence d’une monnaie « tibétaine » durant cette période sous influence anglaise : « Le gouvernement de Lhassa a fondu une vilaine monnaie de cuivre qui sert aux transactions dans la capitale et dans un rayon peu étendu autour de celle-ci. Elle n’a pas cours dans le reste du pays.

Des billets de banque ont aussi été imprimés ; ils demeurent un objet de curiosité et, même à Lhassa les commerçants les refusent… Je me suis informée des causes de cette curieuse disparition de l’argent du Tibet central, alors qu’il continue d’être abondant au Tibet chinois… les plus hardis m’ont répondu brutalement : « Notre gouvernement le donne aux philings[2] maîtres de l’Inde, pour payer les vieux fusils qu’ils nous vendent. Ceux-ci peuvent nous servir à nous battre contre les Chinois qui sont mal armés, mais ils seraient inutiles devant une armée des philings. » (p. 338 – 339).


[1]  Ici, le métal.

[2] C’est à dire les étrangers.

 

Les auto-immolations – article du Monde – Janvier 2013

Tibet