La lettre mensuelle 136 mai 2021

Après un tour d’horizon du roman policier chinois, d’auteurs chinois ou pas, nous abordons la littérature érotique. Vous trouverez aussi des informations sur le Xinjiang dont on parle beaucoup dans la presse occidentale. Ces deux thèmes se poursuivront le mois prochain.

Une annonce aussi, le stage “bain de culture chinoise” de Vannes du 13 au 23 juillet 2021.

Bonne lecture, n’hésitez pas à réagir et à nous contacter.

Coup de coeur de la semaine pour un livre

Envoyé par Jacques le 26 avril 2021

Brothers

de Yu Hua livre paru en 2008

Le livre chinois qui m’a le plus accroché, c’est celui de YU HUA, ” Brothers”, qui donne à voir et sentir la Chine dans son jus, de la Libération à son capitalisme décomplexé d’aujourd’hui. Il y a de la tripe, du boyau, du sexe, du délire et du grand n’importe quoi. Rien que du très chinois, du très humain en somme. On vit pleinement avec les Chinois, on les coudoie, on les sent…

Pour en savoir plus, le point de vue des éditeurs :

« Li Guangtou et Song Gang ne sont pas de vrais frères mais leurs destins se sont de longue date trouvés liés pour le meilleur et pour le pire. Enfants, puis adolescents pendant la Révolution culturelle, ils atteignent l’âge adulte au moment où la Chine entre dans l’ère tumultueuse des « réformes » et de « l’ouverture ».

La solidarité, cimentée par les épreuves, qui les unissait jusqu’alors, se fissure et leurs chemins, pour un temps, se séparent : tandis que Song Gang, « l’intellectuel »  doux et loyal, est rapidement dépassé par son époque, Li Guangtou, le « brigand » tirera le meilleur parti des bouleversements sociaux et économiques en cours….

Avec ce roman qui contient l’expérience de toute une génération, celle de la faim, de la violence, celle de la frénésie économique et des grandes migrations, des ascensions fulgurantes et des naufrages individuels, Yu Hua écrit une véritable odyssée de la Chine, de Mao aux JO. Le public chinois ne s’y est pas trompé, qui a fait un triomphe au livre ».Yu Hua est né en 1960 à Hangzhou et a commencé à écrire en 1983. Six de ses romans sont traduits en français.





Coup de coeur de la semaine pour un livre

Envoyé par Marie Madeleine le 6 avril 2021

EN QUÊTE D’AZALÉE

de Jacques Pimpaneau, livre paru en 2020

Il y a quelques mille ans, un lettré écrit un livre sur une femme peintre chinoise du nom d’azalée, peu de temps après sa mort fin du XIe siècle. La photocopie de ce manuscrit ni daté ni signé arrive dans les mains de Pimpaneau qui décide de le traduire pour deux raisons. La première est la personnalité étonnante de cette artiste et la seconde raison est que ce texte nous donne un aperçu des conceptions esthétiques chinoises : « les idées d’azalée sur la peinture paraîtront proches de celles d’artistes occidentaux. C’est normal. Entre deux Chinois, l’un artiste, l’autre fonctionnaire ou paysan, il y a plus de différence qu’entre un peintre chinois et un peintre occidental. Les différences de classes sociales à l’intérieur d’une même civilisation sont plus profondes que celles qui existent entre deux civilisations… »

L’auteur découvre qui était réellement Azalée en allant rencontrer ceux qui l’ont connue : sa servante, Meiying, le docteur Wang, sa copine, Mélodieuse, le chef de la Guilde des mendiants, un bonze devenu libraire, etc… et petit à petit, une touche après l’autre se dessine le portrait d’une femme admirable.

Quelques extraits :

« Je me contente de peindre. Si je pouvais vous expliquer mes peintures, je n’aurais pas besoin de peindre puisqu’on pourrait les réduire à des mots. Des personnes qui les ont regardées peuvent, elles, dire ce qu’elles leur suggèrent et ainsi les enrichir. Une fois une peinture achevée, les autres et non moi peuvent continuer à la faire vivre, à la rendre présente…

Si l’on choisit un paysage, ce n’est pas pour le site qu’il représente, mais parce que, grâce à cette vue, la nature dans ce qu’elle a souvent d’apaisant pénètre, consciemment ou non, dans notre pensée…

On ne comprend la peinture qu’à force de voir des œuvres. L’artiste traduit sa personnalité, non pas pour paraître un original, souci vulgaire, mais pour exprimer sa pensée, sa rigueur morale en art. Il doit aller au plus profond de lui-même, là où il dépasse son moi et rejoint l’universel »

Elle était belle et intelligente, drôle et talentueuse, rebelle et libre…c’était une très belle personne. L’auteur des Chevaux célestes a réussi un magnifique portrait d’artiste mais surtout d’une femme hors du commun. Ce livre se lit délice.





La lettre mensuelle 135 avril 2021

Un moment important pour l’association a eu lieu lors de son l’Assemblée Générale en visio-conférence le 27 mars. Gilles Beaumont notre trésorier arrive au bout de son mandat (un grand merci pour son travail) et nous avons besoin de renfort ! Vous pouvez poser votre candidature : la structure collégiale du Conseil d’Administration a ceci de bon, elle permet le partage des tâches.

Vous trouverez dans cette lettre, de la lecture et des idées de livres: dernier épisode sur le roman policier avec Qiu Xiaolong et quelques autres auteurs. Vous pouvez retrouver les articles précédents sur le site (décembre 2020 : Peter May ; janvier 2021 : Mi Jianxiu ; février 2021 : He Jiahong ; mars 2021 : Robert Van Gulick). Le site de Rennes-Chine semble bien fonctionner.

Pour les apprenants en chinois : un poème, 2 petits livres de Billeter et deux réactions intéressantes d’histoire et de politique au sujet de la lettre précédente.

N’hésitez pas à donner votre avis.

Coup de coeur de la semaine pour un livre

Envoyé par Liliane le 23 mars 2021

Baguettes chinoises

de Xinran, livre paru en 2008

Les femmes ont été longtemps coupables de ne mettre au monde que des filles. Xinran a été profondément choquée d’entendre un mari dire « c’est sa faute à elle si elle n’a su mettre au monde qu’une poignée de baguettes et aucune poutre ! » Les baguettes sont les filles que l’on peut jeter, les poutres les garçons qui eux soutiennent le faitage de la maison. En tant que « journaliste, j’ai fait la connaissance de beaucoup de baguettes dans ces villages pauvres. Il y en a trois qui sont particulièrement chères à mon cœur. J’ai fait un roman de leur histoire ».

A l’aube des années 2000, dans un village de
l’Anhui, 3 chiffres, Trois, Cinq et Six soit 3 baguettes ou plus exactement 3 jeunes filles : « Trois était la troisième fille de la fratrie de six. Son père très déçu de ne pas avoir eu de fils, n’avait jamais pris la peine de donner de véritables noms à ses filles : elles devaient se contenter du numéro correspondant à leur ordre d’arrivée ».
Déterminées à échapper à leur destin « d’ustensile », elles choisissent l’exode vers la ville.

Nankin sera la destination de Trois, la première des sœurs, qui partira grâce à son oncle (Deuxième Oncle). Suivront tour à tour Cinq et Six résolues elles aussi à mettre un terme à la tradition qui refuse aux femmes de la campagne issues de familles nombreuses, ne serait-ce qu’un prénom.

Courageusement, elles changeront le cours de leur vie afin d’échapper au regard de leurs ainés, à la soumission au père et selon toute vraisemblance au mariage forcé…

Tout au long de cette histoire, nous accompagnons Trois et ses sœurs à la découverte de la ville et de ses usages qui les surprennent et bien souvent les paniquent. Nous les suivons dans leurs rencontres, transformées parce qu’elles ont osé, admirant leur courage, compatissant à leur chagrin. Le retour au village pour les fêtes du nouvel an, munies de cadeaux et de billets économisés sur leur travail,
est un passage superbe pour dire à leur mère leur affection et leur respect et montrer au père qu’elles ne sont pas seulement des numéros.
Ce livre, je l’ai « dévoré » parce dépaysant, étonnant et surtout, très émouvant.





Exposition de calligraphies pour fêter l’année du buffle 牛年

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Coup de coeur de la semaine pour un livre

Envoyé par Myriam le 8 mars 2021

Le lecteur de cadavres

d’Antonio Garrido, livre paru en 2015

Je ne dirai pas que c’est un « vrai » coup de cœur mais j’ai beaucoup aimé ce livre.
Son titre dit tout de ce sujet original. Ce roman historique raconte la vie extraordinaire du premier médecin légiste de l’histoire, Song Ci, au XIIIe siècle, l’époque de la Chine médiévale. Obligé de fuir son village après la mort de ses parents, l’incendie de sa maison, l’arrestation de son frère, il mène une vie misérable, ne rêvant que de livres et de connaissances.

Ce jeune homme pétri des valeurs confucéennes, passionné par les études, notamment la médecine, est confronté à la corruption, la violence et la mort. Pour survivre, il devient fossoyeur aux « champs de la mort » dans la capitale impériale et son talent pour expliquer les causes d’un décès le rend célèbre.
L’écho de ses exploits parvient aux oreilles de l’empereur qui le convoque pour enquêter au Palais, sur une série d’assassinats. C’est une véritable étude sociologique de la vie sous la dynastie des Song, à Lin’An, nom ancien de Hangzhou, une tranche d’histoire très bien documentée et une belle enquête policière qui évoque les livres de Van Gulik.

L’auteur espagnol, Antonio Garrido, précise dans une note en fin de livre : « le protagoniste Song Ci est un personnage réel (1186-1249) dont la vie est à peu près inconnue, mais dont on se souvient à cause de son œuvre abondante et féconde. Il est considéré encore aujourd’hui comme le « père » de la médecine légale et son œuvre, le Xi Yuan Ji Lu, traité légiste en 5 volumes publié en 1247 nous est parvenue à travers différentes traductions.

C’est un vrai thriller, à lire très vite : si vous commencez ce livre, vous ne le quitterez plus….





Coup de coeur de la semaine pour un livre

envoyé par Bénédicte le 17 février 2021

Les cygnes Sauvages

de Jung CHANG livre paru en 1992

Le récit court sur trois générations, la grand-mère, la mère et la narratrice née en 1952, de l’époque des pieds bandés et des concubines à celui du communisme, en passant par l’invasion japonaise et la période du Guomindang. L’histoire se passe en Mandchourie où les rites sont très contraignants, où l’individu est corseté – surtout les femmes – puis dans la région de Chengdu au Sichuan.
C’est un récit très documenté et très précis. Pas de littérature ni de style inutile. C’est quasi un journal dans lequel nous sommes au plus près des souvenirs, des sensations, des impressions. Et c’est d’autant plus fort que les sentiments et leur expression sont interdits, réprimés, autocensurés . Les éléments les plus marquants sont cette foi dans le communisme que vivent les parents de la narratrice; surtout le père, qui place cet idéal au-dessus de son amour pour sa femme et sa famille. Puis il évoluera, tout en restant un résistant face aux dérives du régime maoïste. Cet écartèlement intérieur l’amènera au bord de la folie.

Les grandes figures attachantes sont la grand-mère et la mère, résistantes aussi, mais s’adaptant à la terrible réalité et infatigables dans leur amour pour leurs enfants et la famille. La narratrice est particulièrement sympathique et on la suit comme une amie dans ce destin chaotique. On à peine à croire ces témoignages de vie dans ce monde bouleversé, violent, absurde, aussi hiérarchisé et injuste que l’Empire qu’il était censé combattre.

Superbe roman à lire et à relire !!





Conseils de Tong Ming par temps froid et humide

Le temps encore très froid, surtout avec les chutes de neige du 9 février dernier, donne l’impression le printemps est en retard. Mais les pousses des jonquilles et des tulipes nous font signe que l’énergie Yang commence à croître lentement. En effet, les plantes sont toujours plus sensibles à l’arrivée du printemps.

La différence de température entre le jour et la nuit dans cette période est encore très importante, il faut toujours faire attention à bien s’habiller pour éviter d’attraper froid et de tomber malade. 

Adapter son régime alimentaire

Trois éléments sont importants pour le régime alimentaire en cette saison : compléter l’énergie du Yang, prendre soin de l’estomac et de la rate et protéger les yeux qui sont reliés à l’énergie du méridien du foie.

C’est pourquoi, d’après mon expérience, par rapport à l’hiver, il faut manger plus de légumes et de fruits et diminuer la quantité d’aliments gras, froids et acides pendant cette période printanière.

Légumes conseillés : coriandre, oignon, chou-fleur, chou chinois, salade, céleri, gingembre, l’ail, pousse de soja, carotte, épinard, poivron, etc.

En plus des légumes, manger plus de jujubes, d’agrumes, de miel, d’arachides, de goji etc. 

Une petite recette pour faire une tisane en cette période :

Ingrédients : 4 grandes tranches de gingembre, 2 à 3 jujubes coupées en deux, 3 à 4 cuillères à café de sucre brun (différent du sucre roux français).

Etapes : mettre environ 1 litre d’eau dans un casserole, ajouter les tranches de gingembre et les jujubes, faire bouillir à feu vif. Après ébullition, baisser le feu, laisser mijoter 20 minutes à feu doux. Enfin, ajouter le sucre brun à la fin, sauf si vous n’en consommez pas.

Vous pouvez en trouver les jujubes et le sucre brun dans les magasins d’alimentation asiatique.

Il est préférable de consommer cette tisane avant 13 heures.